22 juillet 2007

Une bonne "occas" pour François Fillon

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Juillet 2007. Un homme : François Fillon ; une fonction officielle : Premier ministre de France ; mais quel rôle au juste ?

Le président de la République nomme le Premier ministre, selon la Constitution. Mais pour en faire quoi ? Un chef de gouvernement ou un chef de cabinet ? La question est pour le moins intéressante quand Nicolas Sarkozy déclare "gouverner" le pays. A quoi sert-il ? Autrement dit, où se situe son utilité au sein de nos institutions ? Jusqu'alors, nous évoluions dans un régime semi-présidentiel, un système mixte. Mais si Jack Lang l'agrégé de droit dit ne pas connaître l'utilité d'un tel poste dans les régimes qui ne seraient simplement pas "purement parlementaires", que dire de la pertinence de son existence lorsqu'il est aisé de reconnaître une forte présidentialisation du régime sous l'impulsion de notre nouveau chef de l'Etat ?

Tout d'abord, cette volonté présidentielle est perverse. Parce que nous serions le pays le plus présidentialisé du monde et que les excès, quelle que soit leur nature, ne sont jamais bons. Les modifications de la Constitution telles qu'elles nous sont présentées par Nicolas Sarkozy renforceraient le pouvoir élyséen sans pour autant renforcer ceux du Parlement. Or, même aux Etats-Unis d'Amérique, qui sont une grande république démocratique dotée d'un régime de type présidentiel, les deux chambres législatives disposent d'un plus grand pouvoir de contrôle de l'exécutif, et globalement une étendue de prérogatives beaucoup plus large. Ensuite, il ne faut pas l'oublier, les Etats-Unis sont une république fédérale et non unitaire. De même, leur culture politique n'est pas identique. Enfin, il est certain qu'il ne faille pas retomber dans les dérives connues sous la IVème République. Il est nécessaire que le gouvernement d'un pays acquiert une certaine stabilité. Toutefois, il convient de choisir un modèle équilibré et judicieux, sans forcément surconsidérer les craintes provenant de notre histoire passée.

Quoi qu'il en soit, François Fillon est toujours là. Que faire de lui ? C'est celui qui publiquement est le Premier ministre qui, au final, est le bien fade exécuteur rue de Varenne des ordres du président de la République. C'est celui qui, au nom de la responsabilité du pouvoir exécutif, perd des points de popularité. C'est celui qui paye de sa propre personne et qui, pourtant, ne gouverne pas. Il est le fusible du locataire rue du Faubourg saint Honoré, il est le malheureux symbolisant l'aberration que, dans le pays de Victor Hugo, celui qui gouverne ne soit pas responsable.

Il nous rappelle le Vel' d'Hiv. Il demande aux jeunes de se souvenir et de ne jamais oublier. Qu'il ne s'inquiète pas pour nous, nous n'oublierons rien.

18 juillet 2007

Jack Lang contre le poste de Premier ministre

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Jack Lang l'a hautement annoncé : il se positionne contre l'existence du poste de Premier ministre dans notre République. Selon lui, "l'existence d'un Premier ministre ne se justifie que dans les régimes purement parlementaires. Dans notre système, elle entretient la confusion". Mais il faut savoir ce que l'on veut pour notre pays et ses institutions.

En effet, tel est le point de vue de l'ancien ministre : "le fait présidentiel est aujourd'hui incontournable". Et il n'a pas tort, sauf qu'il aurait peut-être fallu préciser "avec Sarkozy". Quel était l'esprit de notre Constitution, comme il est courant de le formuler en ces périodes ? Il était de proposer un système mixte, qui ne soit ni tout à fait présidentiel, ni tout à fait parlementaire. Il s'agissait plutôt d'un compromis. La dérive sarkozyenne promet. Elle promet de ne plus porter les valeurs de mai 68, elle promet de ne plus porter les valeurs de la Vème République au fond. Car, non, la Vème République ne consiste pas en une présidentialisation forcenée comme on le voit aujourd'hui avec un chef de l'Etat faisant tout. Entre rupture et gaullisme, on ne sait plus très bien où situer Nicolas Sarkozy. La vérité est qu'il rompt avec le gaullisme. Il trahit la volonté du Général.

Par conséquent, je me résouds à me prononcer moi-même contre l'existence du poste de Premier ministre, si pratique présidentialiste des institutions il devait y avoir. Ce n'est pas normal que celui qui gouverne ne soit pas responsable. C'est le modèle américain dans le pays de Voltaire et de tant d'autres de ces mêmes écoles. Je le regrette. Je regrette aussi la résignation facile dont fait preuve l'ex-secrétaire national du PS, démissionaire. Cependant, comme le rappelle François Hollande, "Jack Lang défendra ses positions personnelles mais n'engagera pas les positions du Parti socialiste".

13 juillet 2007

Sarkozy à Epinal, ville du renouveau institutionnel

Vie politique

Même ville, même couleur. C'est une réforme des institutions qui s'annonce, comme jadis sous De Gaulle.

Quelles modifications Nicolas Sarkozy veut apporter à notre Constitution pour rendre la République "irréprochable" ?

Passage en revue :

  • Un Président aux statuts révisés : droit de ce dernier de s'exprimer directement devant les parlementaires dans l'enceinte de l'Assemblée nationale et du Sénat. Mais qu'en sera-t-il de la démocratie si sa principale caution constitutionnelle est supprimée ? Un chef de l'Etat à l'influence trop importante sur les législateurs. A cela on répond "oui mais il reste les médias, ce n'est plus comme avec Napoléon". Il est clair qu'il reste de profonds médias... complaisants vis-à-vis du pouvoir élyséen.
  • Encadrement des hautes nominations : participation du Parlement aux nominations de la haute fonction publique. Si tel est fait qui était dit, alors nous n'aurions pas à nous plaindre d'un léger élargissement des prérogatives du pouvoir législatif dans un pays plus présidentialisé que jamais.
  • La proportionnelle : en clair tout ce qui nous est dit. Un timide "pourquoi ne pourrions-nous pas y réflechir ?".
  • Pas d'abrogation en vue pour l'article 49-3. Facile pour les gouvernements de passer en force avec une opinion publique hostile. Rien de mieux pour dénigrer l'opposition. En bref, rien de bien valeureux.

Pas de VIème République malgré la crise institutionnelle.

Un Président tout-puissant face à un pouvoir législatif pas plus renforcé en réponse. C'est le modèle américain sans l'influence du Parlement et sa capacité de contrôle de l'exécutif.

Pas de révision du mode d'élection des représentants de la Nation. Mais alors comment légitimer l'action des législateurs ?

Pas de respect de l'opposition, pourtant terriblement martelée par Sarkozy lui-même.