30 juillet 2007

On s'y attendait

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Gifle électorale pour Shinzo Abe

 

C'est un coup de semonce pour le premier ministre japonais Shinzo Abe. Son Parti libéral démocrate (PLD, droite) a enregistré l'une de ses pires défaites lors des sénatoriales partielles d'hier. Les électeurs «ont montré leur colère», a reconnu Shinzo Abe, tout en excluant de démissionner de son poste de chef du gouvernement et de dissoudre la Chambre des Représentants, où il conserve la majorité, pour convoquer des élections anticipées.

Selon les résultats officiels rendus publics tôt ce matin, le PLD et son partenaire de coalition, le Nouveau Komeito, perd 30 sièges avec seulement 103 sièges. De son côté, le principal parti d'opposition, le Parti démocrate du Japon, a fait une progression spectaculaire, remportant 112 sièges sur les 121 en jeu, un gain de 31 sièges.

«La situation est très grave mais je dois poursuivre les réformes et continuer à remplir mes fonctions de premier ministre», a-t-il déclaré. «Il est de ma responsabilité de tenir mes promesses».

Arrivé au pouvoir en septembre 2006, Shinzo Abe a vu sa cote de popularité s'effondrer récemment. Son gouvernement a été rongé par des scandales qui ont poussé l'un de ses ministres à se suicider, deux autres à démissionner.

Les sondages sortie des urnes laissaient entrevoir hier soir un échec cuisant pour son parti. «Si les projections sont correctes, nous sommes face à une défaite totale», commentait Hidenao Nakagawa, secrétaire général du PLD.

Il a ensuite annoncé qu'il allait démissionner pour assumer la responsabilité de ce revers.

Shinzo Abe envisage de procéder à un remaniement ministériel et à un remaniement à la direction de son parti fin août, selon l'agence de presse Kyodo News, citant certains de ses collaborateurs.

Les dirigeants de l'opposition, eux, se sentaient investis d'une mission. «Je crois que beaucoup d'espoirs ont été mis dans notre parti», confiait Takaaki Matsumoto, responsable du Parti démocrate du Japon (PDJ, centriste).

Sur les 242 sièges de la Chambre des conseillers (chambre haute), la moitié était à pourvoir. Avant le scrutin de dimanche, les Libéraux-Démocrates et leurs alliés du Komeito contrôlaient à eux deux 132 sièges, contre 81 pour le Parti démocrate. D'après les projections, la coalition gouvernementale pourrait tomber à 103 sièges -soit une perte de 30 sièges qui laisse la coalition loin des 122 sièges requis pour contrôler le Sénat- et le PDJ grimper à 109 sièges. Les résultats définitifs n'étaient pas attendus avant aujourd'hui.

«Nous avons fait de notre mieux (...) alors les résultats sont extrêmement décevants», a déclaré Shinzo Abe, 52 ans, qui était devenu il y a à peine un an le plus jeune Premier ministre de l'histoire du Japon.

En quelques mois, son cabinet s'est enlisé dans les scandales.

En décembre 2006, son ministre de la Réforme administrative Genichiro Sata a démissionné, accusé de corruption. Confronté en mai à des soupçons similaires, le ministre de l'Agriculture Toshikatsu Matsuoka s'est suicidé. Son successeur est lui aussi mêlé un scandale de même nature.

Le mois dernier, le ministre de la Défense Fumio Kyuma a estimé que les bombardements nucléaires de Hiroshima et Nagasaki en 1945 étaient inévitables. L'outrage populaire qu'il a ainsi provoqué a conduit à son départ anticipé.

Pour couronner le tout, le gouvernement Abe a ignoré fin 2006 les avertissements de l'opposition sur des registres de retraite qui avaient été perdus. En mai, l'ampleur du problème a éclaté: quelque 50 millions de pensions sont concernées. Les électeurs ne semblent pas lui avoir pardonné.

Source : Canoe infos, rubrique internationale

http://www2.canoe.com/infos/international/archives/2007/0...

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