02 août 2007
On ne peut pas éviter...
Le G8 !!
Le G8, ou Groupe des Huit, est une réunion informelle des huit pays "les plus riches", les plus industrialisés de la planète. Il a pour but de faire état des affaires du monde en réunissant les chefs d'Etat ou de gouvernement des anciens membres du G7 (Etats-Unis d'Amérique, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne (Royaume-Uni), France, Italie et Canada) et du président russe, depuis que la Russie y a été admise en 1998 , en signe d'ouverture de ce groupe très fermé des plus grandes économies du monde à l'ex-URSS, grande rivale de Washington durant la Guerre froide qui présentait un système diamétralement opposé à celui du camp de l'Ouest capitaliste.
Le G8 est donc le descendant direct de l'ancien G7, lui-même issu du G6 (qui n'admettait pas le Premier ministre canadien), institué au milieu des années 1970 par le Français Valéry Giscard d'Estaing, dont la volonté était de créer un cadre dans lequel les plus puissants pourraient discuter sans témoins "au coin du feu" pour une rencontre utile, qui fasse avancer la résolution des affaires internationales. En clair, des conditions formant un cadre original pertinent et efficace à remplir son objectif. Mais à quel prix ?
Aujourd'hui se pose incontestablement la question de ce que doit être la nature du point culminant de ces travaux communs, c'est-à-dire le sommet annuel qui s'organise en juin sur plusieurs jours et qui est présidé par chacun des Etats membres à tour de rôle. La nécessité de la tenue du rendez-vous oui, mais que dire de la nécessité médiatique ? Certainement qu'elle ne devrait pas exister au-delà du cadre qui la définit, et qui doit impérativement coexister aux côtés d'un véritable travail approfondi. Trop de délégations, mal de G8 ? Rien n'est plus sûr, à part peut-être : trop de journalistes, mal de sommet !
Et comme s'il s'agissait vraiment de "désacraliser la fonction", chaque fait ou geste de notre président de la République mérite allocution à la presse. Sous prétexte d'une démocratie sans faille, Nicolas Sarkozy ne voudrait-il pas plutôt réduire à néant l'influence du Premier ministre ? S'il nomme à ce poste François Fillon qui ne croit guère au pouvoir de la fonction, il veut aussi tirer la France vers un régime présidentiel. Il concentrerait ainsi un pouvoir de gouvernance direct du pays, agissant comme un véritable chef de gouvernement assurant aussi la tête de l'Etat et tout ce que cela implique... à commencer par un risque pour la pluralité des formations politiques essentielle à toute démocratie !
Alors, monsieur Sarkozy, irez-vous jusqu'à faire de la France un brillant second gendarme du monde ? Car, si vous affirmez l'idée d'indépendance de la France vis-à-vis des Etats-Unis, vous n'êtes pas moins sensible à poser tel un States president sur le portrait officiel qui orne désormais toutes nos mairies ! Réjouissez-vous de ce que promet George W. Bush en matière d'émission de gaz à effet de serre, ce n'est pas d'un décevant trop léger pas en avant dont on peut être fier !
En bref, le G8 souffre de gigantisme, il est vrai. Mais peut-être faudrait-il voir aussi à étendre ce "club" à la Chine ou à l'Inde, au Brésil ou à l'Afrique du Sud. S'il est évident que le réchauffement ne pourra être discuté en l'absence du pays de la grande muraille qui est devenu le premier polluant de la planète, on voit mal aussi la communauté internationale parler continent noir sans rien d'autre que dirigeants blancs ! Je veux bien croire aux talents de diplomate de Merkel, mais je ne sais si à Heiligendamm se sera vraiment dessiné un avenir pour NOUS !
Quoi que... Dieu seul sait si la volonté américaine de ne plus être vulnérable par le projet d'anti-missiles conjuguée avec l'angoisse de le devenir de la Russie ne viendra pas obscurcir notre ciel de métropole !
16:40 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Politique, archives, blog




Commentaires
très bonnes remarques, concernant l'afrique du sud, le brésil (champions de leurs continents respectifs du point de vue géopolitique) et l'Inde et la Chine! LEUR PLACE est au G12 ;-)
Ecrit par : nicolas | 09 juin 2007
Il me semble qu'au départ était le G5, mais peut-être me trompé-je.....
Les réunions du G8 ont pour moi un intérêt autre que voir des altermondialistes se faire tabasser: elles permettent vraiment auc chefs d'Etat de discuter. Tu me diras: pourquoi faire une réunion en grande pompe pour pouvoir prendre des décisions? Ca, c'est un peu moins défendable! Mais rappelle-toi que toutes les décisions importantes qui se sont prises étaient très médiatisées! Alors à ce G8, on parle d'environnement. On essaie de faire abdiquer les USA. On voit qu'ils n'en ont rien à foutre. On comprend bien qu'il sera impossible de parler avec Bush, qu'il laisse le bâton merdeux à son successeur (qui sera vraisemblablement démocrate).
On annonçait un dialogue musclé entre Bush et Poutine: niet! On a juste eu droit aux photos de notre Président en aparté avec Poutine, NS affirmant que c'est une personne dont il s'inspire aussi. Ca donne le ton! On n'a bien sûr, grâce à nos médias si indépendants, pas eu droit à la conférence de presse de NS alors qu'il venait de boire des coups avec le russe. (traduction: il était bourré)
http://www.dailymotion.com/video/x27uk1_sarko-bourre
Ecrit par : Killcow | 10 juin 2007
Bizare quand même, à l'heure où le multilatéralisme est de mise dans les relations économiques internationales, et que la gouvernance mondiale de demain devra nécessairement passer par des organisations fortes rassemblant vraiment l'ensemble des nations de la planète, une poignée de dirigeants (les plus puissants) continue à se pavaner dans des palaces, entretient l'entre-soi des puissants... De la différence entre plurilateralisme et multilateralisme.
Ecrit par : Pierre M | 10 juin 2007
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